L’US Air Force annonce un plan triennal de mise en service de Skyborg, le remplaçant du F-16 sans pilote, alimenté par une IA

L’US Air Force prévoit de déployer un drone de combat opérationnel sans pilote Skyborg d’ici 2023. Selon un rapport d’Aviation Week la semaine passée, le commandement des combats aériens (ACC) envisage de remplacer les anciens F-16 par la famille Skyborg après 2025 et les anciens drones lance-armes MQ-9 après 2030. Il sera un drone réutilisable, mais il pourrait être sacrifié au combat si nécessaire, capable de transporter des armes et de participer activement au combat. Skyborg sera livré avec des moteurs subsoniques et supersoniques.

Le but de l’armée de l’air avec Skyborg est de constituer une grande flotte d’avions à réaction armés et jetables et qui n’ont pas besoin de pistes conventionnelles pour décoller et atterrir. Selon le rapport publié par la société d’édition Aviation Week Network (AvWeek), la conception de base sera probablement furtive, transportant des bombes guidées, des missiles de suppression de défense aérienne, et des missiles air-air à l’intérieur de baies d’armes internes. Skyborg a été conçu pour être un avion attrayant, capable de voler sur une poignée de kilomètres seulement.

En effet, il était à l’origine décrit comme une intelligence artificielle capable d’être déployée de deux manières. La première serait l’équivalent logiciel de R2D2, le droïde Star Wars qui fournit à Luke Skywalker des informations utiles, à l’arrière d’un chasseur X-Wing, un copilote volant conçu pour aider un pilote humain en faisant des tâches mineures, mais toujours importantes. Cela permettrait à un chasseur humain de se concentrer sur le pilotage de l’avion à réaction pour combattre l’ennemi. Ensuite, l’IA de Skyborg devrait aussi servir de cerveau aux premiers drones de combat de l’armée de l’air, des drones qui peuvent voler aux côtés des avions de chasse.

Un tel jet peut servir d’appât dans une embuscade, porter des armes supplémentaires ou bien jouer un certain nombre de rôles. Les Skyborgs pourraient aussi effectuer des missions de combat à haut risque, comme la chasse aux systèmes de défense aérienne ennemis et l’attaque de cibles terrestres fortement défendues, sans risquer de mettre en danger le pilote humain. D’autres missions des Skyborg pourraient aussi inclure l’escorte d’avions non armés, notamment des ravitailleurs, des avions de transport et des AWAC, ainsi que la reconnaissance aérienne.

Des deux concepts de Skyborg, le drone alimenté par l’IA semble avoir la priorité pour l’instant. En outre, une autre caractéristique majeure de Skyborg sera qu’il peut fonctionner sans recourir aux bases aériennes traditionnelles. En effet, le rapport estime que les pistes des bases aériennes ont généralement une longueur de deux miles ou plus et sont vulnérables aux attaques ennemies. Skyborg sera probablement lancé à partir de rails, en l’air, par de petites fusées d’appoint. Une fois en l’air, le moteur à turbine du drone se mettra en marche, permettant un vol motorisé.

Une fois sa mission terminée, un drone Skyborg volerait vers une zone désignée, couperait son moteur, ouvrirait un parachute et flotterait jusqu’au sol. Les équipes de l’armée de l’air récupéreraient les drones et les prépareraient pour la mission suivante. Selon Will Roper, secrétaire adjoint de l’armée de l’air pour les acquisitions, la technologie et la logistique, dès l’exercice 2023, un concept d’opérations pour une formation de quatre Lockheed Martin F-22 inclura les Skyborgs dans le cadre du chargement des avions pilotés.

« Je m’attends à ce que les pilotes qui se chargeront de la mission [décident] : le Skyborg reviendra-t-il et atterrira-t-il avec eux pour aller combattre un autre jour, ou est-ce la fin de sa vie et partira en mission à sens unique ? », a déclaré Roper. « Dans certains cas, le pilote peut décider qu’un objectif est suffisamment important pour qu’il vaille la perte d’un Skyborg, même si sa durée de vie n’est pas épuisée », a-t-il ajouté. Les jets sans pilote à l’instar des Skyborgs devraient permettre à l’armée de l’air américaine et à d’autres forces aériennes de se refaire.

Les avions pilotés sont devenus de plus en plus grands, difficiles à développer et coûteux. Cela signifie que le Pentagone peut se permettre d’acheter moins de jets, ce qui, en fin de compte, conduira à une réduction de l’armée de l’air. Les avions sans pilote, en revanche, sont plus petits, plus faciles à développer et moins chers, ce qui permet à l’armée de l’air d’en acheter beaucoup.

Source : Aviation Week Network

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